Dakar24

L'Information un Droit, Vous Servir, notre Devoir

Alioune Tine : « Le Directeur général des élections est discrédité par son attitude »

Suite à la directive émise mardi par la Commission électorale nationale autonome (CENA) enjoignant la Direction générale des élections à remettre les formulaires de parrainage au mandataire d’Ousmane Sonko, le Directeur général des élections, Thiendella Fall, a opposé une fin de non-recevoir. Il a justifié sa décision en se référant à l’arrêt du 6 octobre prononcé par la Chambre administrative de la Cour suprême concernant le Référé-Liberté déposé par Ousmane Sonko, alléguant une violation de ses droits fondamentaux.

Nous voilà donc de retour au point de départ. Le mandataire du principal opposant sénégalais ne se verra toujours pas remettre les formulaires de parrainage, en dépit de la décision du 12 octobre du tribunal d’instance de Ziguinchor, qui ordonnait au ministère de l’Intérieur de réintégrer Ousmane Sonko sur les listes électorales.

Le fondateur d’AfrikaJom Center, Alioune Tine, déplore vivement cette attitude de l’organe responsable de la conduite des élections. À ses yeux, Thiendella Fall s’est discrédité en ce qui concerne l’organisation d’une élection libre et transparente au Sénégal.

« La Direction Générale des Elections (DGE), en refusant délibérément de respecter la décision de la justice et l’injonction de la Commission Electorale Autonome (CENA), fait preuve d’impuissance à faire respecter la loi électorale au sein de l’administration. Le Directeur Général des Elections est discrédité par son attitude consistant à délibérément ignorer les décisions prises par les organes chargés de réguler les élections », a-t-il affirmé.

Il ajoute : « Ces incidents ne sauraient être minimisés dans le contexte d’une élection présidentielle aussi cruciale. Il est impératif de prévenir les conséquences imprévisibles de cette attitude sur la campagne électorale, le déroulement du scrutin ou la situation post-électorale. Si les normes juridiques et les décisions des institutions de régulation des élections ne sont pas respectées au sein de l’administration, la régularité et la transparence du processus électoral sont sérieusement compromises. Cela équivaut à une violation de l’État de droit et du principe du suffrage universel. »

Alioune Tine exhorte à mettre fin à ces tensions et à se rassembler autour d’une table de discussion avant que des irréparables ne surviennent. « Depuis l’avènement du pétrole et du gaz, nous avons été témoins de la dégradation de la démocratie, de l’État de droit, et plus particulièrement de la crise électorale, de la gouvernance et de la sécurité. Le Sénégal n’échappe pas à cette tendance. Il est impératif que les acteurs politiques et de la société civile s’engagent dans un dialogue visant à trouver un consensus en vue d’un processus électoral crédible, transparent et inclusif », insiste-t-il.

Le défenseur des droits de l’homme poursuit : « Car de manière objective, la résistance de la DGE semble refléter une volonté d’exclure à tout prix Ousmane Sonko de la présidentielle, et donc de rejeter toute décision juridique ou de la CENA susceptible de rétablir son éligibilité. Nous devons absolument éviter que le Sénégal ne suive la voie de la rupture démocratique telle qu’observée dans certains pays de la sous-région.

Tous les éléments qui ont contribué à ces basculements s’accumulent ici : arrestations et détentions, transgressions des lois par l’administration, exclusion arbitraire d’un candidat sérieux de l’opposition à l’élection présidentielle. Il est impératif de mettre un terme à ces tensions et d’entamer un dialogue, car persister dans cette voie nous mène droit à l’impasse. »

Dakar24.net

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Dakar24

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

Verified by MonsterInsights