Arrivé au pouvoir par un concours de circonstances exceptionnelles qui lui ont valu le titre peu glorieux de «président par défaut », Macky Sall a très vite pris goût au pouvoir au point de ne penser et travailler que pour un second mandat alors qu’il venait à peine d’être élu. Incapable de tenir les engagements électoralistes pris devant le peuple sénégalais qui l’attendait au tournant, le président Macky Sall a fait dans la diversion et a déplacé le curseur sur une traque des biens supposés mal acquis interminable qui lui a sans doute fait perdre de vue l’avancée inexorable du temps qui annonçait la fin de son premier mandat. D’autant que, de par lesdits engagements, il devait réduire son mandat présidentiel de 7 à 5 ans. Or, le bilan était encore rachitique. En effet, il n’y en avait que pour «l’émergence», chantée sous tous les tons et mise dans toutes les sauces. Malheureusement pour lui, la rallonge indue de deux années ne va pas suffire pour que le bilan soit consistant. C’est alors que le président Macky Sall met à exécution ses «10 commandements» pour rempiler.

1 – Réduire l’opposition à sa plus simple expression

Le président Macky Sall, foulant au pied le principe sacro-saint selon lequel l’opposition est un rouage essentiel de la démocratie, n’a jamais fait mystère de son projet machiavélique de «réduire l’opposition à sa plus simple expression». Tous les actes qu’il va poser par la suite, vont s’inscrire dans cette optique. Peu importe la façon de s’y prendre. La fin justifie les moyens, pour paraphraser son homonyme Macky…avel. Ainsi, les contre-valeurs comme la transhumance, le népotisme, l’achat de conscience, la corruption, la diffusion de fakenews, l’usage d’armes non-conventionnelles comme l’instrumentalisation de la justice et la vassalisation de l’Assemblée nationale, sont mises à contribution et à fond la caisse. Selon les propres termes de Macky Sall, de «gros poissons» sont pêchés pour affaiblir davantage l’opposition : Souleymane Ndéné Ndiaye, Modou Diagne Fada, Abdoulaye Baldé, Moussa Sy. «Réduire l’opposition à sa plus simple expression », c’est aussi lui dénier le libre exercice de ses droits et libertés démocratiques pourtant consacrés et garantis par la Constitution sénégalaise. C’est donc instaurer un régime de terreur avec une frénésie sécuritaire inouïe, en misant sur la répression policière pour se maintenir au pouvoir. Non content de toujours lancer aux trousses des manifestants pacifiques ses deux «dragons» qui crachent de l’eau chaude sur ces derniers, le président Macky Sall s’est récemment fait livrer, sur commande, des 4X4 blindés et des véhicules anti-émeute, par son homologue Recep Tayyip Erdoğan, qui dirige la Turquie d’une main de fer et est réputé être très dur avec son opposition. Il s’agit d’une commande de véhicules blindés Ejder Yalcin 4×4 et de véhicules anti-émeute Ejder Toma. L’on dit que les Ejder Toma sont des véhicules antiémeute plus performants que les deux «dragons» tant critiqués du temps de Wade. C’est un euphémisme que de dire que l’heure est grave au Sénégal. D’ailleurs, les grandes puissances étrangères (Usa, France) ne s’y trompent guère et demandent à leurs ressortissants résidant au Sénégal de faire montre d’une grande prudence et de se tenir prêts à se calfeutrer au cas où le climat s’envenimait.

2 – Forcer le peuple à reconnaître l’existence d’un bilan

C’est une course folle contre la montre pour que, d’ici au jour du scrutin du premier tour de l’élection présidentielle, prévu le 24 février 2019, inaugurer le maximum d’infrastructures, en mettre plein la vue aux Sénégalais afin de marquer les esprits et forger de force les jugements et les impressions en vue de convaincre les uns et les autres que le président Macky Sall peut se prévaloir d’un bilan très consistant, à même d’emporter l’adhésion des électeurs. Cette paranoïa va se traduire sur le terrain par des inaugurations tous azimuts, y compris de chantiers… inachevés (échangeur de l’émergence de la Patte d’oie à Dakar, aéroport international Blaise Diagne de Diass, autoroute “Ilaa Touba”, Train express régional (Ter), etc.). Maintenant, que ces inaugurations prématurées grèvent lourdement les finances publiques, peut lui en chaut. Et c’est Ousmane Sonko qui soulève le lièvre : «Pour inaugurer le Ter, la France a imposé à Macky Sall un nouvel avenant de 150 millions d’euros, ce qui révise à la hausse le coût total du Ter qui s’élève maintenant à 1 400 milliards de francs Cfa». On se rappelle que, pour faire un clin d’oeil à l’électorat mouride, le président Macky Sall avait ordonné l’ouverture exceptionnelle de l’autoroute «Ilaa Touba», aux travaux loin d’être achevés, pour la refermer à la circulation aussitôt après le Magal de 2018. Bis-repetita avec le Ter dont le premier trajet a été fêté en grande pompe le 14 janvier 2019, avant de reconduire, aussitôt après, les trains aux hangars où ils vont moisir jusqu’à la date de l’exploitation effective de toute l’infrastructure ferroviaire, prévue dans six mois. A côté des inaugurations avant l’heure, le président Macky Sall va aussi «baptiser les enfants d’autrui», comme le raillait il n’y a pas longtemps le nouveau transhumant Abdoulaye Baldé. Parmi les «bébés d’autrui» rebaptisés par l’imposteur en chef, on peut citer l’autoroute à péage, l’aéroport international Blaise Diagne de Diass et le Musée des civilisations noires.

3 – Avoir le soutien des chefs religieux

L’idée, c’est de travailler au corps les chefs religieux pour se les mettre dans la poche. Après l’édification de résidences des hôtes dans certaines cités religieuses, le président Macky Sall et son ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, sont allés, tour à tour, quémander honteusement un «ndigël» à Touba à l’occasion du dernier Magal. Après avoir fait chou blanc dans la cité de Bamba, Macky Sall ne s’est pas découragé pour autant et a continué son racolage de soutiens des chefs religieux en squattant tous les foyers religieux qui organisent une cérémonie, de quelque envergure que ce soit (Magal, Gamou, Ziarra, etc.). Par les temps qui courent, tout rassemblement à base religieuse est prétexte pour que le président Macky Sall fasse lui-même le déplacement, flanqué de son «gangòor» (sa cour) pour y délivrer un discours électoraliste. Les inaugurations de mosquées n’y échappent pas (mosquée de Kolda, mosquée de Guédiawaye). Pour l’inauguration de la mosquée de Guédiawaye, ce fut la première fois au monde qu’on a entendu, autour d’une mosquée, un vendredi de surcroît, résonner des païens battements de… tam-tam et que les fidèles, venus accomplir la prière sacrée du vendredi, se voient exiger le port obligatoire de badges comme pour montrer patte blanche pour pénétrer dans le lieu de culte. Décidément, avec Macky Sall, alias «Salaatou alaa Fatiha» ou «Le Magal, retour d’exil de Bamba», on aura tout vu !

4 – Agir sur la carte électorale et les cartes d’électeur

La carte électorale, c’est le nombre d’électeurs, de centres et de bureaux de vote répertoriés dans chacun de 45 départements des 14 régions du Sénégal. Cette carte permet de visualiser son centre de vote et voir le nombre de quartiers polarisés par chaque lieu de vote. Elle contient d’autres informations sur les adresses électorales pour guider facilement les électeurs. En l’absence d’informations minimales sur la carte électorale, les électeurs peuvent être déroutés le jour du scrutin, surtout lorsqu’on leur fait savoir que leur nom ne figure pas sur les listes électorales du centre et du bureau de vote où ils avaient l’habitude d’accomplir leur devoir civique. A ce sujet, l’analyse de Mohamed Sall Sao, membre fondateur de la Plateforme «Avenir, Senegaal bi ñu bëgg» et co-coordonnateur de l’initiative «Fippu-Alternative citoyenne», est on ne peut plus pertinente : «Le pouvoir Apr et ses alliés de la coalition Bby persistent à vouloir écarter de la prochaine élection présidentielle, non seulement de futurs concurrents, mais aussi des électeurs régulièrement inscrits sur les listes électorales. Ils misent sur un faible taux de participation électorale afin de pouvoir assouvir leur dessein de conserver à tout prix le pouvoir. Sentant qu’ils sont devenus minoritaires dans le pays, ils font fi des principes et règles élémentaires du jeu démocratique en voulant empêcher les électeurs d’exercer leur droit de vote, leur déniant ainsi la possibilité de choisir librement celui ou celle qu’ils considèrent comme devant être leur futur président de la République. Aussi, le principal combat qui vaille aujourd’hui est-il d’exiger la mise en place des conditions indispensables de délivrance de leurs cartes d’électeur à tous les citoyens, afin qu’ils puissent exercer leur droit de vote au moment opportun, un droit constitutionnellement reconnu. Aujourd’hui, la discrimination constatée dans la mise à disposition des cartes d’électeur est telle que si rien n’est fait, beaucoup de Sénégalais risquent de ne pas voter lors de la prochaine élection présidentielle, à l’image des élections législatives calamiteuses du 31 juillet 2017, ce qui est visiblement recherché par le pouvoir en place pour s’assurer de la réélection de leur candidat. Il est donc du devoir de tous les patriotes épris de justice et attentifs au respect des principes démocratiques et d’un Etat de droit, de se mobiliser pour pousser le régime à mettre un terme, sans délai, à cette rétention des cartes nationales d’identité/cartes d’électeur». D’après le Rapport des experts de l’Union européenne, sous l’égide de la Mission d’audit du fichier électoral (Mafe), publié le 26 février 2018, rapport qui renseigne sur des anomalies graves qui entachent le fichier électoral, un dispositif inédit de fraude «par contournement des procédures» et des pratiques illégales de la Direction de l’automatisation du fichier (Daf), d’une extrême gravité, a été éventé. La procédure normale est la suivante : «Les cartes produites sont conditionnées avant leur envoi vers les commissions de distribution. La phase de tri est capitale et était très bien organisée. Chaque équipe, sous l’oeil vigilant d’au moins un contrôleur de la Commission nationale électorale autonome (Cena), procédait au tri des cartes par commission d’enrôlement ». Or, dans son rapport, la Mafe révèle des pratiques illégales de la Daf d’une extrême gravité qui ont entraîné des perturbations majeures dans la distribution des cartes. Afin de priver des millions de nos concitoyens du droit de vote, le ministère de l’Intérieur a modifié illégalement la procédure, en écartant la Cena du processus, en décidant unilatéralement d’expédier les cartes d’électeur, en vrac, sans aucun tri. C’est à partir des locaux du ministère de l’Intérieur que la neutralisation du vote des Sénégalais a été mise en oeuvre. En modifiant frauduleusement la procédure de distribution des cartes d’électeur, la Daf a littéralement violé les dispositions de l’article L11.5 du Code électoral. Ce changement de procédure a été à l’origine de la privation de vote de 1 650 462 citoyens (45 % du corps électoral au 30 juillet 2017). Le rapport de la Mafe démontre clairement, à la page 74, que la neutralisation du vote de millions de Sénégalais a été voulue et mise en oeuvre par le ministère de l’Intérieur. Cette fraude indirecte par détournement de procédure a faussé les résultats du scrutin 30 juillet 2017, une élection qui n’est ni transparente, ni sincère, ni démocratique, encore moins crédible. Les termes sont clairs et écrits noir sur blanc à la page 35 du rapport. En réalité, l’ampleur des fraudes influencera les élections locales de 2019 et impactera directement le scrutin présidentiel de 2019. Cette révélation extrêmement grave des experts de la Mafe sur le risque de fraude électorale en 2019, contredit les déclarations mensongères du régime selon lesquelles il est impossible de frauder au Sénégal, et prouve qu’il est parfaitement possible de frauder avec un fichier fiable.

5 – Séduire l’électorat féminin et juvénile

Conscient de l’importance de cette partie du corps électoral, le président Macky Sall a mis en place, à grands renforts médiatiques, un fonds de 30 milliards de francs Cfa pour l’auto-emploi, à travers la Délégation générale à l’entreprenariat rapide (Der) des femmes et des jeunes. Pour le chef de l’Etat : «La Der répond à l’impératif de développer l’auto-emploi et l’insertion des jeunes et des femmes à travers la promotion de l’entreprenariat ». Mais, pour les esprits avertis, les soubassements purement politiciens de cette initiative sont clairs comme l’eau de roche. Mis en place à quelques mois de la présidentielle, ces fonds de la Der ont des objectifs électoralistes qui ne laissent planer aucun doute sur leurs finalités, si l’on sait que les femmes représentent 51 % de l’électorat sénégalais et que les moins de 20 ans représentent 55 % de la population sénégalaise. Un vivier électoral non-négligeable, surtout que, soutiennent les mauvaises langues, les financements sont assujettis à des conditionnalités subtiles dont la finalité est de voter pour qui l’on sait. Le grand paradoxe ici, c’est qu’aucune candidature féminine n’a été validée pour l’élection présidentielle de 2019. Les Aïda Mbodj, Amsatou Sow Sidibé et Aïssata Tall Sall sont toutes passées à la trappe.

6 – Avoir le «parrainage» de la France

En droite ligne de son inféodation à la France, le président Macky Sall n’a jamais dérogé à sa règle de se rabaisser devant les présidents français. Aucun des trois chefs d’Etat de l’Hexagone dont il a traversé les mandats (Sarkozy, Hollande et Macron) n’a été sevré de la soupe sénégalaise, et tous ont été servis à la louche par Macky Sall. Le 25 mars 2008, en plein désaccord avec le président de la République du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, sans que rien a priori ne puisse l’expliquer, le président de l’Assemblée nationale d’alors, Macky Sall, presque en catimini, en rasant les murs, a été fait Grand Officier de la Légion d’honneur française dans les jardins de la résidence de l’ambassadeur de France à Dakar par Jean- Christophe Rufin. A peine élu, le président Macky Sall se rend précipitamment en France, un pays alors en pleine campagne électorale pour le second tour de la présidentielle. Une première mondiale ! Le but du voyage : signer des accords de défense, disait- on, avec un président Nicolas Sarkozy qui vivait ses derniers jours à l’Elysée, car donné perdant à tous les coups et selon tous les sondages. C’est alors que la France et le Sénégal signèrent, le mercredi 18 avril 2012, un nouvel accord de défense ainsi qu’une convention de prêt, de Paris à Dakar, d’un montant de 130 millions d’euros (soit 85,274 milliards de francs Cfa). Le samedi 10 janvier 2015, à peine terminée la cérémonie de pose de la première pierre de l’autoroute «Ilaa Touba», en compagnie du vénéré feu-Cheikh Sidy Makhtar Mbacké (Rip), khalife général des mourides, le président Macky Sall, répondant à la «convocation» de son homologue français, s’est envolé pour Paris, à bord du coucou présidentiel, brûlant ainsi le kérosène national, pour aller participer, le dimanche 11 janvier 2015, aux côtés du président François Hollande, à une marche de soutien à Charlie- Hebdo, ce journal spécialisé dans les caricatures et le blasphème, notamment contre le Prophète Mohamed (Psl). Alors que les entreprises sénégalaises mettent, tour à tour, la clé sous la porte et envoient les travailleurs au chômage, dans l’indifférence totale de l’Etat, le Samba Alaar de président de la République du Sénégal vole au secours d’une firme française en banqueroute. Pour sauver l’entreprise française Alstom, au bord du dépôt de bilan, le président Macky Sall va dépenser pas moins de 1 200 milliards de francs Cfa du Sénégal pour l’achat, à cette unité industrielle française moribonde et agonisante, 15 trains express régionaux (Ter), pour relier une distance de 57 km. Pour le récompenser de ce cadeau fait par un pays sous-développé, pauvre et surendetté à un pays riche et développé, le président français Emmanuel Macron a gratifié notre Macky national d’une visite d’Etat en France. Avec Macky Sall, c’est aussi le retour en force de colons français et la consolidation des intérêts français au Sénégal : Total, Orange, Eiffage, Senac, Bolloré, Necotrans, Veolia, Auchan, etc. De fait, Macky Sall aura servi docilement la France, comme jamais cela n’a été le cas dans toute l’histoire du Sénégal.

7 – Soigner son image et celle du Sénégal à l’extérieur

Soucieux de peaufiner et soigner son image à l’extérieur, le président Macky Sall, chez qui tous les observateurs francs, objectifs et honnêtes reconnaissent que c’est sous son règne que la vitrine démocratique sénégalaise s’est le plus fissurée et craquelée, va entreprendre des actions de séduction vis-à-vis des gouvernants et de l’opinion publique étrangers. Pour polir son image personnelle et augmenter son aura internationale, le président Macky Sall n’hésite pas à faire faire du lobbying à son profit et faire actionner de puissants réseaux pour se faire délivrer des «Prix truc» par ci, des «Prix machin» par là et des «Docteur Honoris Causa» par là-bas. Pour l’honneur du Sénégal, le président Macky Sall va s’investir personnellement, en conduisant luimême la délégation sénégalaise au Brésil où la décision devait être prise, pour l’organisation au Sénégal des Jeux Olympiques de la jeunesse de 2022. Idem pour l’organisation au Sénégal de la cérémonie des Caf Awards, le 8 janvier 2019. Mais, ces soi-disant embellies à l’international seront anéanties par les nombreuses déconvenues subies par l’Etat du Sénégal au niveau des juridictions internationales qui l’ont toujours désavoué et débouté sur les affaires Karim Wade et Khalifa Sall. En effet, les décisions du Groupe de travail des Nations- Unies sur la détention arbitraire, du Comité des Nations-Unies pour les droits de l’Homme ou de la Cour de justice de la Cedeao ont presque toutes été défavorables à l’Etat du Sénégal. Il s’y ajoute les innombrables commissions rogatoires internationales infructueuses, pour compléter le tableau des échecs de l’Etat/Apr.

8 – Miser sur le bras armé qu’est le Conseil constitutionnel

Avec son bras armé, le Conseil constitutionnel, le président Macky Sall peut voir venir et parader les doigts dans le nez. De l’avis-décision des «7 sages» qui lui a permis de renier son engagement de réduire son mandat de 7 à 5 ans, à la prochaine proclamation définitive des résultats de l’élection présidentielle, en passant par le filtre des parrainages, l’annonce officielle de la liste provisoire des candidats qui a respecté à la lettre la consigne du Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne qui avait annoncé, à l’avance, qu’il n’y aurait pas plus de 5 candidats à l’élection présidentielle de 2019 et l’annonce officielle de la liste définitive des candidats, le Conseil constitutionnel va s’employer à baliser le trajet de «la victoire » promise au président Macky Sall. Dans cette perspective, le président Macky Sall a su compter sur le concours du Conseil constitutionnel pour mettre hors de course pour des «raisons judiciaires» ses principaux rivaux que sont Karim Wade (recalé pour «absence d’inscription sur le fichier électoral ») et Khalifa Sall (recalé pour «condamnation définitive» alors que la procédure n’était pas totalement épuisée du fait du probable rabat d’arrêt).

9 – Préparer les esprits à «accepter les résultats»

Le 29 août 2017, à l’occasion de l’ouverture officielle de la campagne de parrainage du candidat Macky Sall au Centre international de conférence Abdou Diouf de Diamniadio, le président Macky Sall a annoncé publiquement les résultats de sondages qui le créditaient d’un score de 54 % à l’élection présidentielle, dès le 1er tour. Pour sa part, le député apériste Adji Mergane Kanouté y est allée un peu trop fort, il y a quelques jours, en déclarant que «le Président Macky Sall va passer dès le premier tour avec 57 %», résultat d’un sondage sur la base d’«un travail scientifique». Toutes ces «prophéties» ne visent qu’une chose : préparer les esprits à accepter «le verdict» des urnes. Il s’agit de créer l’accoutumance dans l’opinion. Car, à force de toujours entendre que «Macky Sall va l’emporter dès le premier tour», ça finit par ne plus être une surprise, le cas échéant, pour les gens déjà habitués et préparés psychologiquement à ce scénario. Comme ils vont gagner à tous les coups, autant le faire savoir à qui veut l’entendre, dès maintenant. C’est ça leur philosophie. Toujours. C’est ainsi que le congrès d’investiture du candidat Macky Sall a été organisé en grande pompe, le 1er décembre 2018 à Dakar Arena, comme pour fêter la victoire avant l’heure. C’était en présence de quatre chefs d’Etat africains : les présidents Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Adama Barrow (Gambie), George Weah (Libéria), Mohamed Ould Abdellaziz (Mauritanie), ainsi que le Premier ministre bissau-guinéen Aristide Gomes. Alors que, ce qu’on a l’habitude de voir, c’est des chefs d’Etat qui assistent à une cérémonie d’investiture d’un président élu, et non, à un congrès d’investiture d’un candidat, fut-il président en exercice. Pire, les hôtes de marque se sont permis d’apporter publiquement leur soutien à leur homologue pour sa réélection, faisant ainsi une ingérence dangereuse dans les affaires internes d’un Etat souverain. Mais, pour le grand bonheur du président Macky Sall qui s’en tamponne dès lors qu’il perçoit cela comme une caution par ses pairs qui vaut son pesant d’or. Sauf que ce sont les Sénégalais, et eux seuls, qui vont se choisir librement et en toute souveraineté, leur futur président au soir du premier ou du second tour.

10 – Gagner au premier tour à tout prix

Au risque d’être impopulaire, le président Macky Sall est impitoyable et intraitable à l’égard de tous les empêcheurs de tourner en rond qui se mettent au travers de son chemin ou qui entravent son dessein de se maintenir au pouvoir par tous les moyens. Le second mandat, il y tient comme à la prunelle de ses yeux. C’est tolérance zéro pour quiconque essaie d’enquiquiner le prince. Tout le monde est averti. Les leaders de la société civile, traités de «politiciens encagoulés», les organisations de défense des droits de l’Homme (Raddho, Amnesty international/Sénégal) dont les rapports annuels sont déchirés par les autorités étatiques, et les Ong (Lead Africa, Enda) qui ont vu leurs agréments retirés, voire arrachés par l’Etat du Sénégal, l’ont appris à leurs dépens. Les opposants considérés comme les plus redoutables adversaires de Macky Sall ne sont pas à la fête également et sont soumis à rude épreuve. Pour Karim Wade, c’est emprisonnement, exil au Qatar, soustraction des listes électorales, élimination de la course à l’élection présidentielle et menaces de nouvel emprisonnement si jamais il s’avisait de fouler le sol sénégalais un jour sans payer l’amende de 138 milliards de francs Cfa. Pour Khalifa Sall, c’est emprisonnement, levée de l’immunité parlementaire, révocation en tant que maire de Dakar, radiation de la liste des députés de l’Assemblée nationale et élimination de la course à l’élection présidentielle. Enfin, pour Ousmane Sonko, c’est pour le moment radiation de la Fonction publique et autres accusations de péchés d’Israël, en attendant de lui faire sa peau. Au regard de tout ce qui précède, l’on croit dur comme fer, du côté de l’opposition, que «Macky Sall fera tout, afin de perpétrer un coup de force lui permettant de rester au pouvoir». A cet effet, «Macky Sall préfère la mort que de perdre le scrutin de 2019, il l’a même avoué publiquement, en disant que c’est plus facile de mourir que d’obtenir un second mandat», assure-t-on.

Pape SAMB

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