« L’imposteur est aujourd’hui dans nos sociétés comme un poisson dans l’eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et à la probité. L’imposteur vit à crédit, au crédit de l’Autre.
Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes  » Roland Gori dixit.
Méfions-nous du pouvoir de séduction de ces pervers alors, narcissiques au point de revendiquer haut ce qu’il eût été convenu que l’opinion dise ou témoigne d’eux.
Ils sont nombreux ceux qui le matin ne pensent pas seulement à la fonction presidentielle, ils en rêvent si fort et sont tellement habités par cette passion d’être le premier d’entre nous, de conduire à notre destinée qu’ils finissent par se croire uniques, comme prédestinés.
Certains se disent nés pour être Président, d’autres affirment être l’archetype le plus achevé du nouveau sénégalais, d’autant plus que leur nom renvoie à royauté, prince, autorité !
Cela fait naître en eux une haine sourde envers celui qui dans la réalité hélas bien concrète est bien le President, car il leur apparaît comme un usurpateur illégitime.
De cette fureur sourdra dès lors un discours renvoyant au meurtre : on parle de les fusiller, dans un élan de  massacre qui condamne en même temps tous ceux qui les auront portés à cette haute station imméritée, donc le peuple dans son immense majorité qui aura choisi démocratiquement de les élire.
Méfions-nous tout autant de leurs grandes capacités d’influence et de leurs talents de psychopates servis par des  complices pouvoiristes qui rêvent de prendre, à travers eux, leur revanche sociale.
Ces pervers fantoches héros proclamés d’une révolution systémiques sont en effet  des chevaux de Troie de forces qui servent leur passion oeucuménique avec zèle et fanatisme, à l’image des Goebbels et autres terreurs du même acabit qui remplirent admirablement ce rôle envers Hitler.
Ils proclament un désir de changement enrobé de justice,  et d’un renouveau de l’État de droit en faisant appel en même temps à la fibre nationaliste de leurs compatriotes, d’où leurs vociférations anti françaises et la proclamation urbi et orbi de leur rejet unilatéral du franc CFA, parfaits bouc-émissaires pour justifier notre retard économique !
Ils n’en sont que plus dangereux encore : la révolution qu’ils appellent de leurs voeux et qui brûle en eux n’est pas en effet d’ordre idéologique seulement, elle est une révolution civilisationnelle censée imposer un nouvel ordre social à la tête duquel ils trôneront, pour servir la cause de leurs maîtres à penser, leurs mentors lugubres tapis dans l’ombre, le sabre entre leurs dents bavant de rage dégoulinante sur leurs barbichettes puant de haine devant ce qu’ils qualifient de syncrétisme et donc d’impiété en nous, et se contempler au sommet de leur gloire personnelle, satisfaits d’avoir réalisé le destin que leur délire avait incrusté dans leurs têtes maladivement tourmentées.
Allez simplement demander à ceux qui furent séduits par le nazisme, et portèrent démocratiquement Hitler au pouvoir !

 

Cissé Kane NDAO
Conseiller technique du Premier Ministre
Diplômé de Sciences PO
EMBA Management public territorial
Master 2 Professionnel Gestion de projet GAR et pilotage du changement

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